Le retour: 1 an après

mercredi, juillet 29, 2015



























Ça fait maintenant un an que je suis rentrée en France. Un an c'est court et long à fois. 

Le piège en rentrant c'était de tomber dans la comparaison et le déni car même si j'ai fait le choix de rentrer, je savais que ce retour serait plein de défis, de doutes et de remises en question. 
En fait, c'est la même chose que partir vivre à l'étranger, mais dans le sens inverse. Évidemment, revenir chez soi c'est plus facile, car on retrouve ses racines, son entourage, ses repères. Sauf qu'après une longue expatriation, on revient différent et ce qui nous était familier l'est un peu moins. 

Après 8 ans au Canada, je me suis demandée comment je pouvais aborder ce retour le mieux possible. Je craignais la période de transition parce que je n'aime pas ces moments de flottement, mais finalement j'ai lâché prise et j'ai accepté les petits coups durs quand ils se présentaient. Parce que oui, ça n' a pas été un long fleuve tranquille. Quand je dis ça, je ne parle pas vraiment de ma réadaptation en France mais plutôt de moi, de mes émotions. Je crois bien que le problème avec le retour, c'est cette bataille que l'on se livre à soi-même. 


J'ai vu pas mal d'articles défiler qui vantent la vie d'expatrié, du coup je me suis demandée si je n'avais pas agi sur un coup de tête. Moi aussi je faisais parti de ces gens qui disaient qu'ils ne rentreraient jamais. Et puis après environ 10 ans à l'étranger, j'ai changé d'avis. Et il a fallu que je réapprenne à être Jasmin et non Jasmin l'immigrée. C'est ce changement de statut que j'ai eu du mal à abandonner, j'y étais attachée. Alors j'ai décidé de prendre les choses autrement, d'éviter de sombrer dans la nostalgie et de regarder devant moi. J'ai doucement assumer le choix que j'ai fait. Au lieu de me battre et râler contre le système français je l'ai accepté.  Je redécouvre ma région avec des yeux tout neufs, de celle qui sait que l'herbe n'est pas forcément plus verte ailleurs.

Même si j'aime le Canada de tout mon coeur et qu'il y aura toujours une place importance, je ne regrette pas d'être rentrée car je me sens entourée en France. J'ai des projets professionnels et créatifs (ici à Reims) pour la rentrée de septembre et ça me rend heureuse. 

L'autre fois au téléphone, un ami qui est rentré avec sa compagne en même temps que moi m'a dit que c'était la meilleure décision qu'ils n'avaient jamais prise. J'ai souri parce que j'ai ressenti la même chose.  J'ai souri aussi parce que jour après jour, je me sens un peu plus en paix avec mon choix.


Bref, il est temps que j'apprenne mon numéro de téléphone par coeur. Ça fait un an quand même.



8 commentaires

  1. Jasmin, tu es tellement authentique et touchante! Je ne peux que te souhaiter le meilleur!
    Je te sens grandir au fil de tes posts que je suis déjà depuis 3 ans je pense...
    Il me semble t´avoir découverte lors de mes recherches pour mon tout premier voyage en Amérique et donc à Toronto.
    J´espère avoir la joie de te rencontrer un jour et de te trouver heureuse et épanouie, arrivée là où tu souhaitais. :-)

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    1. Merci ChamCham, c'est toi qui me touche avec ce beau compliment :)
      3 ans..le temps passe vite, merci d'être restée une lectrice fidèle!

      Moi aussi j'espère bien te rencontrer, si jamais tu es de passage à Reims, fais moi signe surtout :)

      PS: Pour être complètement épanouie, il ne me manque plus qu'un gentil/sexy garçon à mon bras! Ah ah

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  2. Heureuse si tu te sens bien de nouveau en France ;)

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  3. C'est vrai que quand je rentre dans la région je lui porte un regard doux et neuf à la fois... Raaah la France me manque. Il n'y a pas de bons ou mauvais choix. Tu as fais le tien et je suis ravie de voir que ça te rende heureuse, ça sent bon la sérénité :-)

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    1. Tu as raison, il n'y 'a pas de bon ou mauvais choix, et c'est justement ça qu'il faut garder en tête. A bientôt peut-être? ;)

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  4. je te lis et je me dis que tu décris exactement ce que je pense ressentir lorsque nous quitterons l'ile et reviendrons en métropole. Aujourd'hui, même si je désire ardemment ce départ... je ne suis pas parfaitement sereine. Tes mots me rassurent. :)

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    1. Tu sais, je n'étais pas complètement sereine avant de partir. Je savais que j'avais envie de rentrer mais je savais aussi que ce ne serait pas simple. Je le dis et je le répète, même si ce n'est pas facile à faire, une fois rentré il faut lâcher prise. Et surtout, aller de l'avant.

      Je suis contente que mes mots aient pu te rassurer :)

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