Toronto Comic Arts Festival

jeudi, mai 16, 2013


Ce week-end, c’était le Salon de la BD à la Bibliothèque de référence de Toronto (Toronto Reference Library). C’est la première fois que j’y allais et que j’allais tout simplement à une convention consacrée à la BD (hormis la Japan Expo à Paris, spécialisée dans le manga) et j’en suis ressortie absolument surprise et ravie! 


Jusqu’à présent, le seul festival du genre que je connaissais de nom était le Festival d’Angoulême et je savais de réputation que c’était le genre de manifestation prise d’assaut, archi-bondée et qu’il faut préparer un peu en avance. Et bien, là, à Toronto, c’est complètement gratuit, y’a pas mal de monde aussi, mais ce n’est pas étouffant ni stressant et surtout, à ma grande surprise, il y avait plein de grands noms de la BD qui y étaient présents et y dédicaçaient tranquillement leurs oeuvres, avec des files d’attente tout à fait raisonnables; je n’ai jamais attendu plus de 20 minutes à un stand pour avoir de superbes dédicaces dessinées. Tout d’abord, en me promenant, je suis tombée par hasard sur : 

- Boulet (oui, oui, vous avez bien lu) avec qui j’ai pu discuter une bonne dizaine de minutes sur l’enseignement à Toronto ! Super sympa, le gars! 



- Michel Rabagliati (Prix du public 2010 au festival d’Angoulême) dont je suis fan des BD de “Paul” et qui trouvait mon prénom très joli, hihihi. 



Et au fil de ma promenade, j’ai découvert trois auteurs dont les oeuvres m’ont graphiquement interpellée: 

* The Library un recueil de nouvelles de Chihoi, un dessinateur hongkongais traduit pour la première fois en anglais. Je trouvais les dessins en noir et blanc assez épurés et poétiques. Ca m’a plu! 



* The Nao of Brown du Britannique Glyn Dillon. Mon regard a été attiré par les dessins tout en couleur et qui évoquaient la photographie ou le cinéma. Et puis, comme l’auteur faisait de beaux dessins à l’aquarelle, ça m’a pas mal tentée. J’ai craqué quand j’ai lu le résumé de l’histoire. En anglais: “Nao Brown suffers from OCD, but not the hand-washing, overly tidy type that people often refer to jokingly. Nao suffers from violent morbid obsessions, while her compulsions take the form of unseen mental rituals.” En gros, je crois que c’est l’histoire d’une jeune femme qui recherche le grand amour (c’est dit plus loin dans le résumé en anglais), mais qui doit aussi gérer ses pulsions morbides et obsessionnelles. Tout un programme! Oui, j’assume, j’aime les histoires tordues avec des gens tourmentées! J’suis une fille après tout! 

Bon, là, après une petite recherche sur internet, je découvre que la BD a reçu Le Prix Spécial du Jury au festival d’Angoulême de cette année. C’est peut-être vraiment super bien! 



* Hair Shirt de l’Ottavien Patrick McEown. Là, j’avoue, sans résumé, je n’ai pas d’idée précise du sujet de l’histoire. Mais en feuilletant la BD et en lisant quelques pages au hasard: 

1- j’ai aimé les dessins qui font penser à du Sfar et à du manga.

2- Ca a l’air d’être une histoire d’amour entre ados ou jeunes adultes dans une ambiance de campus universitaire. L’ambiance qui s’en dégage me rappelle un peu celle de Ghost World, mais peut-être que je me plante complètement! 

3- L’auteur est canadien, et j’ai toujours envie de découvrir et d’encourager les (nouveaux) artistes canadiens! 



J’ai enfin pris une adaptation en BD de quelques nouvelles de Lovecraft, en espérant qu’elles me glaceront moins d’effroi que les nouvelles écrites.

Sinon, j’ai raté Brian Lee O’Malley, le créateur de Scott Pilgrim, Art Spiegelman, Taiyo Matsumoto, dont le manga Amer Béton m’avait laissé une très forte impression quand j’avais commencé à tomber dans la marmite manga, à l’adolescence. À l’époque, il faisait partie des auteurs phares des éditions Tonkam, précurseur en France dans la diffusion des manga, si mal vus au début des années 90. Je me rappelle qu’on avait presque honte d’en lire et d’en acheter, mais il y avait aussi ce parfum d’interdit et de transgression qui rendait la chose si attirante à 14-15 ans. Amer Béton, Akira et Gunnm, c’est une partie de mon ado de fille sage qui ne lisait que des classiques et qui découvrait pour la première fois un tout nouveau monde à travers ces BD venues du Japon. Après il y en a eu des dizaines d’autres, mais ces trois titres-là m’ont fait entrer de plain-pied dans la mangamania et ont révélé des traits de ma personnalité que je ne soupçonnais pas!

Pour les fans de BD francophones, il y avait aussi David B.! Je regrette un peu de ne pas lui avoir pris une BD, mais pour le coup, y’avait trop de monde dans sa file (cinq personnes devant moi, je sais, c’est rien, mais c’est déjà trop à Toronto!), je commençais à fatiguer et j’étais déjà très contente de mes rencontres et découvertes. 

En résumé, j’ai adoré le festival, j’y retournerai sûrement l’an prochain et je me demande comment j’ai pu complètement le louper (même pas entendu parler), les quatre années précédentes! 

2 commentaires

  1. Oui, merci Irène pour ce très sympathique chapitre culturel !

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  2. Salut,

    Merci Maud. J'suis partie de FB un temps, mais je suis revenue et pendant ce temps, j'ai continué à lire ton blog BD que j'adore!

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